Connexion

SIte de Jean Louis Couturier

Display this website in english

Pierre BIGOT (1932-2008)

 

 

 

La déploration de M. Pierre BIGOT

 




De Pierre Bigot, fin connaisseur de musique ancienne, Compère Josquin*, s’il eut été son contemporain, aurait pu dire : «… Pleurez de grosses larmes d’œil, la perte de Celui que nous avons porté en terre. »

Avec la disparition de Monsieur Pierre Bigot, un ardent défenseur de la musique pour instruments à vent nous quitte. Ethymologiquement « Bigot » provient du vieux français de la Renaissance « by Got », qui signifie « par Dieu » expression  originaire de la langue anglaise.

Etrange coïncidence du destin pour ce fervent croyant qui fut rappelé à Dieu, le jour de Pâques, lors de la semaine Sainte.

Dans les esprits, la carrière musicale de Pierre Bigot est étroitement associée à la Musique de la Police Nationale, dont il fut le chef durant de nombreuses années. Ayant débuté sa carrière comme officier de la Police Nationale, Pierre Bigot, éminent musicien, reçu en 1964, l’agrément de l’administration du Ministère de l’Intérieur afin d’occuper le poste de chef-adjoint (1964 à 1968) de la Musique Nationale (ex Musique de la Sûreté Nationale) avant d'en assurer la direction (1968-1986), au grade de commissaire principal.

À la tête de cette formation, il fit un travail considérable, dont les fruits auront eut pour conséquence d’hisser cette phalange au sein du peloton de tête des grandes formations nationales. Durant sa longue carrière, Pierre Bigot réalisera  de nombreux  enregistrements discographiques, témoins de sa maîtrise artistique, consacrés à la musique pour orchestre d’ harmonie, dédiés aux grandes œuvres du répertoire classique, à l’instar des « Préludes » de Franz Liszt, qu’il grava dans une version particulièrement inspirée, et qui fut unanimement appréciée. Il enregistrera également plusieurs disques consacrés à la musique française contemporaine, qu’il affectionnait tout particulièrement, avec des compositeurs aussi divers que Serge Lancen, Patrice Sciortino ou Guy Luypaerts,  compositeurs qu’il a été le seul a enregistrer à l’époque. Pour ce faire, il travailla en étroite collaboration avec la société Corélia. Ainsi, la Musique de la Police Nationale fut l’une des toutes premières phalanges musicales à figurer au catalogue de cette maison de disques.





Pierre Bigot et Robert Goute, jurés lors d'un concours - La Bruffière 1986.

 

Au début des années 80, il avait encouragé la nomination d’Yvelise Girard qui fut la première instrumentiste (trombone) de sexe féminin a intégrer la Musique de la Police Nationale, à une époque où la parité n’était encore qu’à ces balbutiements.

Alors qu’il était en poste, Pierre Bigot dû quitter prématurément la direction de la Musique de la Police Nationale, suite à des querelles internes et une ambiance délétère, ce qui immanquablement  marqua l’homme sensible qu’il était.

Pierre Bigot a été l’un des rares chefs de musique, avec Jacques Devogel, à porter un regard bienveillant sur la batterie-fanfare. À ce titre, il a succédé naturellement à Jacques Devogel, au poste de Président de la Confédération Française des Batteries-Fanfares, responsabilité pour laquelle il ne ménagea ni ses efforts, ni sa bienveillance naturelle. Au terme de son mandat, il fut nommé Président honoraire de la C.F.B.F.

Pianiste et organiste de formation, Pierre Bigot, en qualité de  compositeur, laisse un catalogue musical conséquent. Il oeuvra pour le genre instrumental, avec de nombreuses pièces à caractère pédagogique, destinées aux concours de fin d’année des Conservatoires et Écoles de musique. Plusieurs de ces compositions ont été primées lors de concours de composition, émanant soit de la Confédération Musicale de France, soit de la FNUCMU. Il composa également de nombreuses pièces pour chœurs. La musique de Pierre Bigot témoigne d’une grande sensibilité et d’un soucis constant de musicalité, quels que soient les niveaux proposés (répertoire disponible aux Éditions Billaudot, Éditions Combre, Éditions Leduc, A Cœur Joie).

On lui doit également plusieurs œuvres pour harmonie (Éditions Robert Martin) ainsi qu’une importante production pour batterie-fanfare, genre pour lequel il a été un précieux artisan, puisant son inspiration principalement dans la musique classique et ancienne.

Pour ce genre, Pierre Bigot, a été un précurseur, notamment par ses compositions, réalisées au début des années 80, destinées à de petits effectifs de musique de chambre, pour lesquels il  composa de façon régulière.

Pierre Bigot, maniait la langue française avec élégance et sûreté. Pendant de nombreuses années, il a charmé les lecteurs de la revue de la C.F.B.F., entre autres, par de nombreux articles, où son érudition en bien des domaines, ainsi que son talent faisaient merveille. Il tenait également la rubrique particulièrement délicate, de la critique des nouveautés discographiques, avec discernement et tact, qualités caractéristiques de son attachante personnalité.

Pierre Bigot entama ensuite une « seconde » carrière de chef d’orchestre notamment au sein du théâtre lyrique, dont il connaissait parfaitement le répertoire, et pour lequel il fit preuve d’un talent apprécié à sa juste valeur.

Pierre Bigot était officier de l’Ordre national du mérite.

En qualité de compositeur, Pierre Bigot obtint plusieurs distinctions :

- Prix de composition de la Confédération Musicale de France (en 1970, 1974 et 1991) ;
- Prix Musique et Culture en 1979 ;
- Prix Jeunesse et Culture de Strasbourg en 1986 ;
- À cinq reprises il fut lauréat des concours de la Ville de Paris et du Mouvement "A Cœur Joie".

 

Personnellement, tant lors de nos rencontres qu'au cours de nos fréquents échanges épistolaires, j’ai toujours apprécié en lui l’homme distingué, particulièrement affable, discret, modeste, doté d’une intelligence vive et d’un sens prononcé de l’humour, les qualités d'un mélomane averti, et  le musicien accompli, dont il émanait une véritable grandeur d’âme. Il me (nous) sera difficile de l’oublier.

© Jean-Louis COUTURIER
[le 28.03.2008]
Tous droits réservés.

*  Josquin des Prés (1450-1521).

 


Pierre Bigot aux côtés de Mme Michèle Alliot-Marie,
lors du concours national de la CFBF à Bayonne.

 


NOTE :

Avec grand courage,  Pierre a lutté contre une longue et terrible maladie. En dépit de traitements lourds, il a conservé intact son humour et sa ferveur. Il s’est éteint le 23 mars 2008, dans sa soixante-seizième année.

Entouré de sa famille et de quelques proches, un dernier hommage lui fut rendu dans la lumineuse  église Sainte-Croix de Saint-Servan (35), en présence de neuf prêtres, compagnons de route.

Les trois chorales présentes donnèrent une émouvante interprétation d’un « Notre Père », harmonisé par Pierre Bigot, reflet de sa sensibilité personnelle.

Enfin, par sa présence, la Musique de la Police Nationale, dirigée par M. Alain Decourcelle, témoigna son affection à l’un de ses anciens chefs, en animant la cérémonie, par l’interprétation de plusieurs compositions de M. Bigot.

JLC

"Cap Kennedy" (Serge LANCEN)

Direction : Pierre BIGOT



 


Discocraphie de Pierre Bigot, par Francis Pieters :    
(avec l'aimable autorisation de M. Francis Pieters)


Lien :    http://www.musimem.com/Bigot_Pierre_discographie.htm

 

 

 

 

 

 


 
Site hébergé par Websailors - Mentions légales
Créé avec Shopsailors